March 18, 2007

Sans vie

Filed under: Usines — aboulafia @ 7:40 pm

image3.jpgUne sorte de torpeur a gelé le ciel et la terre. Une odeur acre d’acide, de chaux, de soufre plane au-dessus du sol. Ça sent la destruction lente, le sol qui est mort il y a longtemps, l’eau stagnante et les nuages sans forme que le vent ne fait pas osciller. La pluie ne pourrait nettoyer ce sol, ces murs, ces cheminées, leur saleté fait maintenant partie d’eux. Inscrustée à jamais.

January 31, 2007

L’extracteur

Filed under: Usines — aboulafia @ 9:35 pm

image53.jpgLes mines de charbon, la souffrance, la douleur, le noir, l’humidité, le travail dur, la mort qui guette. L’énorme extracteur, qui seul émerge de la mine pointe vers le ciel son broyeur. De l’acier, imposant, rouillé, qui le jour comme la nuit grince lugubrement. Son mouvement est lent, presque hypnotique, la roue qui tourne sans fin, un mouvement perpétuel qui jamais ne ralentit, donnant une vie extérieure, pâle reflet de l’activité humaine enfouie dans la terre.

January 1, 2007

Cimetière

Filed under: Atmosphere — aboulafia @ 8:23 pm

CimetiereEn fait, rien ici n’évoque vraiment la mort. Rien de la solitude infinie, des derniers instants de l’homme où, malgré la vie qui bat toujours, il ne peut plus atteindre personne, face à l’innocence de ces vivants qui contemplent en s’en doutant à peine une créature déjà différente, au-delà du dépit, détachée, ne souhaitant plus. Ici, au seuil de sa tombe, c’est peut-être l’absence qui est célébrée, la fin de ces moments, et on confond l’odeur du sol, auquel toutes les agonies retourneront, avec un air de paix. De ce qu’il possède toujours, l’endeuillé ne trouvera que deux noms: celui de l’homme dans celui de Dieu, enveloppés dans un mystère aimé. Dans cent ans, l’étranger n’y verra que la Croix, que l’air humide aura su orner de taches de rouille telles qu’elles sauront tromper le soleil et lui retourner ses rayons sous la couleur de l’or. -AD-

November 28, 2006

Chaleur

Filed under: Atmosphere — aboulafia @ 6:36 pm

ChaleurMême la nuit, la ville garde sa chaleur, son ambiance, ses passants, sa vie. Cependant, quand le brouillard la recouvre, la désolation s’installe, la crainte et la méfiance deviennent le lot de chacun. Les parents rappellent les enfants, chacun se met à l’abri, chez soi, pour éviter de croiser la tourmente, d’avoir froid, perdu, dans une rue dont on ne voit plus la fin. On entend au loin des grincements inquiétants, comme à l’époque pas si lointaine ou l’humidité faisait craquer les grands mats de bois des bateaux… Cette époque est-elle bien révolue? Est-ce que les grands cargos du port ne sont pas en réalité qu’une fumisterie? Les odeurs amplifiées par l’humidité nous transportent, nous font douter de tout ce qui est sur à la lumière du jour, le brouillard est fantomatique, il cache, enduit, fait peur.

November 26, 2006

Humble vieillard

Filed under: Trains — aboulafia @ 4:25 pm

New York MetroUn wagon à la retraite du métro de New York. Couvert de rouille accumulée par les années à parcourir les corridors humides. Des kilomètres de sous-terrains que ne peuplent que l’odeur du goudron, les tuyaux hirsutes sortant des murs, et les ampoules grillées ou affaiblies par le temps. Des catacombes de rats, apeurés par le sifflement de l’air lors du passage de la rame. Après des années à soustraire les passagers à la morbidité du sous-sol, son dernier avenir est d’être taillé en pièces, disloqué, anéanti.

November 25, 2006

Cargo en lumière

Filed under: Bateaux — aboulafia @ 2:23 pm

Cargo en brumeC’est le petit matin qui se lève sur le port qui n’a pas dormi. Le cargo perce la brume, les sirènes résonnent longtemps et font lever des nuées de mouettes. Il fait froid, le brouillard ne sera pas percé par le soleil qui ne réchauffe plus les eaux viciées du port. Quand la sirène meurt, on n’entend plus que le moteur du bateau qui bat comme un coeur au ralenti et les grues au loin qui attendent de reprendre vie.

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